« Je ne me rends plus en centre-ville. »

Cette phrase a été entendue des centaines de fois dans les rues de Gien et d’Arrabloy. Les raisons sont diverses (suppression de l’accès au bus municipal, accès difficile pour les personnes à mobilité réduite, sens de circulation et nombre de places de parking décourageants…), mais le résultat est le même : quel gâchis !

« Il y a tellement de commerces qui ont fermé et avec les PV pour le stationnement… du coup, on ne vient plus dans Gien. On va faire nos courses dans les grandes surfaces ou bien à Montargis. »

La parole est aux jeunes

« Gien est comme une ville morte. Quand on se balade, dans notre tête, on se dit, c’est tous les jours dimanche. Il n’y a rien à faire ici. » Paroles de deux jeunes Giennois rencontrés en centre-ville, tout juste 18 ans.

« Peut-être qu’avec une Maison des Jeunes je n’aurais pas quitté l’école. » Réaction d’un jeune Giennois de 21 ans, non inscrit à Pôle Emploi, déscolarisé depuis l’âge de 15 ans, lors de nos échanges avec une douzaine de jeunes dans la rue.

Poubelles semi-enterrées : une fausse bonne idée

 « Les poubelles enterrées c’est pas pratique… Alors les gens font comme avant, ils posent leurs sacs poubelles devant chez eux, mais plus souvent. Ca fait sale.»

 « Tout l’été les poubelles enterrées puent ! On les sent sur toute la place Leclerc et jusque dans les rues piétonnes. »

« Les poubelles sur le quai… c’est vraiment un drôle d’idée. La vue n’est pas terrible. »

Une situation complexe pour les commerçants

« Avant je mettais mes cartons devant le magasin et ils étaient ramassés en même temps que tout le monde. Aujourd’hui je dois les plier pour essayer de les faire rentrer dans les poubelles de la place… et si ce n’est pas possible, je dois prendre ma voiture et les emporter à la déchèterie… mais c’est payant. Du coup, j’ai l’impression de payer deux fois avec la taxe des ordures ménagères du magasin.»

Les quais pour tous ?

« Avec mon épouse, nous nous promenons à Gien quasiment tous les jours à pied. Vous allez rire, mais nous nous tenons par la main. Nous sommes comme la Légion Étrangère, indivisibles. Pourtant, quand nous déambulons sur le quai Lenoir nous nous séparons car il est impossible de passer à deux. C’est vrai aussi pour les personnes en fauteuil ou pour les parents avec poussette. C’est regrettable.»

On ne nous écoute pas

« Les trottoirs sont sales et défoncés. On ne peut pas rouler dessus avec la poussette. Le voisin en fauteuil ne peut pas se déplacer sans descendre sur la voie… Nous on paye bien des impôts, mais on n’en voit pas la couleur. Regardez le terrain, abandonné avec de l’herbe en plein milieu… »

« Dans notre quartier, on a aussi des choses à dire, mais on a l’impression qu’on

n’existe pas. »

« Autrefois, il y avait un conseil municipal des jeunes. Ma fille en avait fait partie. Elle avait bien aimé. »

« Je ne me rends plus en centre-ville »

« Avant je faisais travailler ma ville. Depuis qu’il est devenu si difficile de se garer, j’ai décidé de changer mes habitudes et je fais mes courses à Briare, où je travaille, et plus à Gien où j’habite. »

« Un jeudi à 17h départ de la rue de la Loire jusqu’au rond-point de Nevoy….24 mn. Voilà le résultat de la complexité dans laquelle se retrouve Gien. »

Panique à tort

Un passant se détient devant une voiture, sans doute par simple curiosité. Quelle n’est pas sa surprise de voir accourir deux personnes, visiblement paniquées : « Oh non, s’il vous plaît, on n’a même pas fini de déjeuner, ne nous verbalisez pas. ».
Le passant les a rassurées, mais le traumatisme demeure !

« Là, c’est zone bleue ou ce n’est pas zone bleue ? » s’interrogent, non sans angoisse, des automobilistes. Il faut dire que la zone bleue n’est plus matérialisée par les clous sur les pavés et que les panneaux qui l’annoncent sont trop rares.

Un minibus nommé Désir

« J’ai régulièrement des personnes qui rentrent dans ma boutique pour me demander quels sont les horaires des bus et je ne peux pas les renseigner. »

« Avant on avait des abribus… maintenant il y a juste un panneau, quand il y en a un, et on attend sous la pluie.»


« Avec mes enfants et la poussette, on ne m’a pas laissée entrer dans le bus. Je ne comprends pas pourquoi. Surtout que c’est difficile de se garer dans le centre-ville maintenant. »